L'été où je suis devenue jolie
J’ai lu L’été où je suis devenue jolie parce que j’avais envie d’une histoire douce, un peu nostalgique, mais pas prise de tête. Je pensais tomber sur une romance adolescente classique, et finalement le livre m’a offert quelque chose d’un peu différent : une ambiance d’été très marquée, des relations familiales intéressantes, et des émotions adolescentes décrites avec justesse. Ce n’est pas un roman qui cherche la complexité, mais il capture parfaitement ce moment de la vie où tout change sans qu’on sache encore comment le gérer.
Résumé :
L’histoire suit Isabel Conklin, surnommée Belly, qui passe chaque été dans la maison de vacances des Fisher. C’est le décor de toute son enfance : la mer, les soirées tranquilles, les balades en ville, et surtout Conrad et Jeremiah, les deux fils de Susannah, la meilleure amie de sa mère. Belly a toujours été la benjamine du groupe, celle qu’on protégeait ou qu’on taquinait.
Mais cet été-là, quelque chose change.
Belly a grandi, et pour la première fois, elle remarque que Conrad et Jeremiah la voient différemment. Et elle aussi ne sait plus trop où se placer entre ces deux frères, si proches et pourtant si opposés. Conrad se renferme, cache quelque chose qu’il refuse de nommer, tandis que Jeremiah reste chaleureux et ouvert, mais visiblement perdu face à l’évolution de leur petite bande.
Au milieu de cette confusion amoureuse, on découvre aussi un sujet plus lourd : la maladie de Susannah. Ce que tout le monde essaie d’ignorer finit par planer sur leurs moments ensemble, donnant à l’été une dimension plus fragile, presque précieuse.
Le roman avance au rythme de ces tensions, des souvenirs qui remontent, des jalousies, des premiers choix de cœur, et de toutes ces émotions qui peuvent transformer un été en moment-pivot.
Informations techniques
Sortie : 2009
Autrice : Jenny Han
Série : trilogie
Genre : romance, coming-of-age, drame familial
Mon avis :
Ce qui fonctionne vraiment dans L’été où je suis devenue jolie, c’est que Jenny Han ne cherche pas à embellir l’adolescence. Belly n’est pas parfaite : parfois immature, parfois égoïste, parfois trop émotive. Mais c’est exactement ce qui la rend réaliste. On sent qu’elle est à un âge où tout prend des proportions énormes, où chaque sourire, chaque silence, devient une énigme à déchiffrer.
Le triangle amoureux avec Conrad et Jeremiah est évidemment central, mais il n’est pas traité comme un simple cliché. Chaque frère apporte quelque chose de différent :
Conrad est celui qu’on aime même quand il nous repousse, celui qui cache un mal-être plus profond.
Jeremiah est celui qui réconforte, qui fait rire, mais qui souffre aussi de ne jamais être le premier choix.
La relation entre les parents est un autre point fort, surtout celle entre Susannah et Laurel, qui donne un ancrage émotionnel plus adulte au récit. Le roman ne parle pas que de vacances et de crushs : il parle aussi de maladie, de deuil anticipé, de ce que ça fait de sentir que quelque chose change définitivement.
L’ambiance estivale est parfaitement retranscrite : les journées au soleil, les nuits qui semblent durer toujours un peu plus longtemps, les petits rituels entre amis, les tensions qui explosent sans prévenir. C’est une atmosphère douce, parfois mélancolique, très facile à imaginer.
Et toi, tu te sens plus proche de Belly, ou tu observes leurs histoires en te disant : « ah oui, j’ai déjà vécu un été comme ça » ?